SASU à l’IR ou à l’IS : comment choisir son régime fiscal ?

SASU à l'IR ou à l'IS comment choisir son régime fiscal Regie-Portage.fr

Par défaut, une SASU est soumise à l’impôt sur les sociétés (IS). Elle peut opter pour l’impôt sur le revenu (IR), mais seulement sous conditions et pour 5 exercices maximum. La règle de décision tient en une phrase : l’IS convient aux entreprises rentables qui réinvestissent ou dont le dirigeant a un TMI élevé ; l’IR est avantageux au démarrage, en cas de déficit ou de TMI faible. Mais cette règle simple cache des nuances qui peuvent coûter cher si on les ignore, notamment l’imputation des déficits, la non-déductibilité de la rémunération en IR, et le fait que le choix IR/IS n’affecte pas vos cotisations sociales.

IS et IR : deux logiques d’imposition opposées

À l’IS (régime par défaut), la société paie elle-même l’impôt sur son bénéfice. L’associé n’est imposé personnellement que sur ce qu’il perçoit : salaire et/ou dividendes. À l’IR (sur option), la société devient fiscalement « transparente » : son bénéfice est ajouté directement aux revenus de l’associé et imposé au barème progressif, qu’il soit distribué ou non.

Critère SASU à l’IS (par défaut) SASU à l’IR (sur option)
Qui paie l’impôt La société L’associé unique
Taux 15 % jusqu’à 42 500 €, puis 25 % Barème progressif IR (0 à 45 %)
Imposition sans distribution Non — seul le perçu est imposé Oui — tout le bénéfice est imposé
Rémunération du dirigeant Déductible du bénéfice imposable Non déductible (réintégrée au bénéfice)
Déficit Reportable sur bénéfices futurs (illimité) Imputable sur le revenu global du foyer
Durée Permanente 5 exercices max, non renouvelable
Dividendes Possibles (PFU 30 % ou barème) Notion caduque — bénéfice déjà imposé

Le taux de l’IS en 2026

L’IS s’applique à deux taux : 15 % sur la tranche de bénéfice jusqu’à 42 500 €, puis 25 % au-delà. Le taux réduit de 15 % est soumis à trois conditions : un chiffre d’affaires inférieur à 10 millions d’euros, un capital entièrement libéré, et un capital détenu à au moins 75 % par des personnes physiques. Avantage majeur de l’IS : la rémunération que vous vous versez est déductible du bénéfice imposable, ce qui réduit mécaniquement l’impôt de la société.

🧮 Exemple chiffré — Bénéfice 60 000 € à l’IS

Bénéfice imposable 60 000 €
IS tranche 15 % (42 500 €) 6 375 €
IS tranche 25 % (17 500 €) 4 375 €
IS total 10 750 €
✅ Bénéfice distribuable 49 250 €

Si distribution en dividendes avec flat tax (PFU 30 %) : l’associé perçoit le dividende net après 30 % de prélèvement. L’IS permet de réinvestir le bénéfice non distribué sans imposition personnelle immédiate.

L’IR : un levier de démarrage, pas un régime de croisière

L’option pour l’IR a un intérêt précis et limité dans le temps. Elle est surtout pertinente dans deux situations : une phase de démarrage déficitaire (les pertes s’imputent sur le revenu global du foyer fiscal, réduisant l’impôt du ménage), ou un dirigeant dont le TMI est faible (0 % ou 11 %) et qui sort la quasi-totalité du bénéfice chaque année.

📖 Exemple — Déficit de lancement

Théo lance sa SASU de conseil et génère un déficit de 10 000 € la première année. Grâce à l’option IR, il impute ces 10 000 € sur les autres revenus de son foyer (par exemple le salaire de sa conjointe), réduisant l’impôt global du ménage. Dès que la SASU devient rentable, il peut renoncer à l’IR pour repasser à l’IS et plafonner son imposition à 25 %.

Point de vigilance majeur : à l’IR, les bénéfices sont imposés même si vous les laissez sur le compte de la société pour investir. Plus l’activité se développe, plus la tranche marginale grimpe (30 %, 41 %, 45 %) — et plus l’IR devient pénalisant face à l’IS plafonné à 25 %.

Les conditions pour opter pour l’IR

L’option IR (article 239 bis AB du CGI) est réservée aux jeunes SASU remplissant simultanément ces conditions :

  • SASU créée depuis moins de 5 ans au moment de la demande
  • Activité commerciale, industrielle, artisanale, libérale ou agricole (les holdings et sociétés patrimoniales sont exclues)
  • Effectif inférieur à 50 salariés
  • Chiffre d’affaires ou total bilan inférieur à 10 millions d’euros
  • Associé unique personne physique

 

L’option s’exerce via le guichet unique de l’INPI à la création, ou par courrier au Service des Impôts des Entreprises avant la fin du 3e mois de l’exercice concerné. Elle dure 5 exercices maximum, après quoi le retour à l’IS est automatique et définitif.

Le piège à éviter : croire que l’IR/IS change vos cotisations sociales

Contrairement à l’EURL, le choix IR ou IS en SASU n’a aucun impact sur vos cotisations sociales. Le président de SASU est assimilé-salarié et relève du régime général. Ses cotisations sont calculées uniquement sur sa rémunération, jamais sur les dividendes ni sur le bénéfice — quel que soit le régime fiscal. C’est une différence fondamentale avec l’EURL, où le gérant majoritaire (TNS) voit ses cotisations varier selon le régime. Beaucoup de créateurs confondent les deux.

SASU ou portage salarial : l’alternative sans gestion fiscale

Choisir entre IR et IS suppose de piloter une comptabilité, des déclarations et une stratégie fiscale dans le temps. Le portage salarial supprime cette complexité : pas de choix de régime, pas de liasse fiscale, pas d’arbitrage salaire/dividendes. Le consultant porté perçoit un salaire, cotise au régime général et bénéficie de la même protection qu’un cadre. Notre comparatif des statuts freelance met en regard SASU et portage sur le net en poche, la protection sociale et la charge administrative, et notre simulateur de revenus permet de chiffrer la différence selon votre TJM.

FAQ — Questions fréquentes

Q — Quel régime fiscal choisir pour une SASU rentable ?

Pour une SASU rentable, l’IS est généralement préférable. Son taux (15 % jusqu’à 42 500 €, 25 % au-delà) est souvent inférieur à un TMI de 30 %, 41 % ou 45 %. L’IS permet aussi de déduire la rémunération du dirigeant et de réinvestir les bénéfices sans imposition personnelle immédiate. L’IR ne devient avantageux que pour un dirigeant à TMI faible sortant tout le bénéfice.

Q — Combien de temps peut-on rester à l’IR en SASU ?

5 exercices maximum, non renouvelable. Au terme de cette période, la SASU repasse automatiquement et définitivement à l’IS. Il est possible de renoncer à l’IR avant le terme, mais ce retour à l’IS est lui aussi définitif. L’IR est donc structurellement un régime de démarrage, pas de long terme.

Q — Le choix IR ou IS change-t-il mes cotisations sociales en SASU ?

Non. En SASU, les cotisations sociales du président assimilé-salarié sont calculées uniquement sur sa rémunération, indépendamment du régime fiscal. Ni l’IS ni l’IR ne modifient cette base. C’est une différence majeure avec l’EURL, où le statut TNS du gérant rend le choix bien plus impactant sur les cotisations.

Q — Peut-on déduire son salaire de président en SASU à l’IR ?

Non. À l’IR, la rémunération du président n’est pas déductible du bénéfice imposable : elle y est réintégrée et imposée dans la catégorie BIC ou BNC. C’est l’inverse de l’IS, où le salaire est une charge déductible. Cette non-déductibilité réduit fortement les leviers d’optimisation à l’IR.