Est-ce qu’un auto-entrepreneur cotise pour la retraite ?
Sommaire
Cotisations retraite pour l'auto-entreprise
Comment valider des trimestres en auto-entrepreneur ?
Quel montant de retraite pouvez-vous espérer ?
Les limites du régime auto-entrepreneur pour la retraite
Auto-entrepreneur vs portage salarial : comparer les droits retraite
FAQ — Auto-entrepreneur et retraite
Sommaire
Cotisations retraite pour l'auto-entreprise
Comment valider des trimestres en auto-entrepreneur ?
Quel montant de retraite pouvez-vous espérer ?
Les limites du régime auto-entrepreneur pour la retraite
Auto-entrepreneur vs portage salarial : comparer les droits retraite
FAQ — Auto-entrepreneur et retraite
Le régime retraite de l’auto-entrepreneur : les bases
En auto-entrepreneur, vous cotisez automatiquement pour votre retraite dès que vous déclarez du chiffre d’affaires. Ces cotisations font partie du prélèvement libératoire global du régime micro-social simplifié.
La Sécurité Sociale des Indépendants (SSI)
Depuis la suppression du RSI en 2020, les auto-entrepreneurs dépendent de la Sécurité Sociale des Indépendants (SSI), intégrée au régime général. Concrètement, vos cotisations sont gérées par l’URSSAF et reversées à la caisse de retraite correspondant à votre activité :
- Caisse Nationale d’Assurance Vieillesse (CNAV) pour la retraite de base
- RCI (artisans) ou SSI (commerçants et professions libérales) pour la retraite complémentaire
AVB et AVCO : les deux composantes de votre retraite
Vos droits à la retraite se construisent sur deux niveaux :
- L’Assurance Vieillesse de Base (AVB) : obligatoire, elle génère des droits à la pension de base et permet de valider des trimestres.
- L’Assurance Vieillesse Complémentaire Obligatoire (AVCO) : applicable principalement aux prestataires de services, elle génère des points qui détermineront le montant de votre pension complémentaire.
Ces cotisations sont intégrées dans le taux global du régime micro-social. En 2025, les taux applicables sont les suivants :
| Type d’activité | Taux global 2025 | Inclut retraite |
|---|---|---|
| Vente de marchandises | 12,3 % | Oui (AVB incluse) |
| Prestations de services BIC | 21,2 % | Oui (AVB + AVCO) |
| Professions libérales (BNC) | 22,0 % | Oui (AVB + AVCO) |
Note : ces taux s’appliquent au chiffre d’affaires HT déclaré. Vérifiez les taux en vigueur sur le site officiel de l’URSSAF, car ils sont révisés chaque année.
Quel montant de retraite pouvez-vous espérer ?
La pension d’un auto-entrepreneur se compose de deux parties : la retraite de base (CNAV) et la retraite complémentaire (AVCO). Leur montant dépend directement de vos revenus déclarés et des trimestres validés.
Calcul de la pension de base
La pension de base est calculée selon la formule suivante :
Pension = SAM × Taux de liquidation × (Trimestres validés / Trimestres requis)
- SAM (Salaire Annuel Moyen) : moyenne de vos 25 meilleures années de revenus, tous régimes confondus.
- Taux de liquidation : 50 % si vous avez tous vos trimestres, réduit en cas de trimestres manquants.
- Trimestres requis : 172 trimestres (43 ans) pour les personnes nées à partir de 1965, selon la réforme 2023.
Le problème pour les auto-entrepreneurs : leur SAM est souvent faible car calculé sur le CA net, très inférieur à un salaire brut équivalent. Une activité à 40 000 € de CA annuel ne génère pas le même SAM qu’un salarié percevant 40 000 € bruts.
La pension complémentaire
La pension complémentaire (AVCO) est calculée en points accumulés tout au long de votre activité. La valeur du point est fixée annuellement et dépend de l’inflation et de l’équilibre du régime. En pratique, pour les micro entrepreneurs dont le CA est modeste, cette pension complémentaire reste souvent très limitée.
Les limites du régime auto-entrepreneur pour la retraite
Le régime micro-social, malgré sa simplicité, présente des limitations significatives en matière de protection retraite.
Des droits structurellement réduits
- Cotisations assises sur le CA (et non sur le bénéfice réel) : vous cotisez même en cas de charges élevées.
- Pas d’accès à l’assurance chômage (UNEDIC) : aucun filet de sécurité en cas de perte de mission.
- Plafond de CA : au-delà des seuils de la micro-entreprise, vous perdez le statut.
- SAM faible : pénalise la pension de base à long terme.
Options pour améliorer ses droits retraite
Rachat de trimestres : possible mais coûteux, surtout si vous êtes proche de la retraite.
Plan d’Épargne Retraite (PER) : dispositif d’épargne individuelle avec avantage fiscal, déductible du revenu imposable. Disponible pour tous les indépendants.
Changement de statut : passer au portage salarial ou créer une SASU peut améliorer significativement vos droits.
Auto-entrepreneur vs portage salarial : comparer les droits retraite
Le permet d’exercer en indépendant tout en relevant du régime général des salariés — ce qui change radicalement le niveau de protection retraite.
| Critère | Auto-entrepreneur | Portage salarial |
|---|---|---|
| Caisse de retraite | SSI (régime indépendants) | CNAV + Agirc-Arrco (régime général) |
| Taux de cotisation retraite | Partiel (intégré au taux global) | Complet (salarié + patronal) |
| Retraite complémentaire | AVCO (limitée) | Agirc-Arrco (cadre et non-cadre) |
| Assurance chômage | Non (aucun droit ARE) | Oui (ARE sous conditions) |
| Validation de trimestres | Selon CA déclaré (seuil minimum requis) | Automatique dès le SMIC (150h/trimestre) |
En portage salarial, vous cotisez au régime général et constituez vos droits retraite comme un salarié cadre. Découvrez les vs les autres statuts freelance.
| 🛡️ Mieux préparer votre retraite avec Régie-Portage En choisissant le portage salarial avec Régie-Portage, vous relevez du régime général des salariés : CNAV pour la retraite de base, Agirc-Arrco pour la complémentaire, et maintien des droits chômage sous conditions. Vos trimestres sont validés automatiquement, votre SAM est calculé sur un vrai salaire brut.
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FAQ — Auto-entrepreneur et retraite
| Q — Un auto-entrepreneur peut-il racheter des trimestres manquants ? Oui. Le rachat de trimestres est possible pour les auto-entrepreneurs, via leur caisse de retraite (SSI ou CNAVPL selon l’activité). Cela concerne les années d’études supérieures validées ou les années incomplètes. Le coût varie selon l’âge et le revenu : plus tôt vous le faites, moins c’est cher. Cette démarche est intéressante si vous avez commencé tardivement votre activité ou si vous avez eu des années sans CA suffisant. |
| Q — Que se passe-t-il si mon chiffre d’affaires est nul pendant plusieurs trimestres ? Si vous ne déclarez aucun chiffre d’affaires, vous ne cotisez pas et vous ne validez aucun trimestre. Ces périodes creusent des lacunes dans votre relevé de carrière, ce qui peut réduire votre pension de base et rallonger la durée nécessaire pour partir à taux plein. Pour maintenir une continuité de droits, certains auto-entrepreneurs choisissent de passer en portage salarial ou de souscrire une retraite complémentaire individuelle. |
| Q — Le PER (Plan d’Épargne Retraite) est-il accessible aux auto-entrepreneurs ? Oui, absolument. Le PER individuel est accessible à tous, y compris aux auto-entrepreneurs. Les versements sont déductibles du revenu imposable dans la limite d’un plafond annuel. C’est un outil de complément efficace pour les indépendants dont la pension du régime SSI sera insuffisante. Attention toutefois : les sommes sont bloquées jusqu’à la retraite sauf cas exceptionnels (invalidité, décès du conjoint, surendettement…). |
| Q — À quel âge un auto-entrepreneur peut-il partir à la retraite ? Depuis la réforme des retraites de 2023, l’âge légal de départ a été relevé progressivement à 64 ans pour les personnes nées à partir de 1968. Pour partir à taux plein (sans décote), il faut avoir validé l’ensemble des trimestres requis selon votre année de naissance — 172 trimestres (43 ans) pour les générations nées après 1965. Ces règles s’appliquent à tous les régimes, y compris le SSI des auto-entrepreneurs. |
| Q — Le portage salarial donne-t-il vraiment de meilleurs droits retraite que l’auto-entreprise ? Oui, de façon structurelle. En portage salarial, vous cotisez sur votre salaire brut au régime général (CNAV + Agirc-Arrco), comme n’importe quel cadre salarié. Vos trimestres sont validés automatiquement dès que vous percevez un salaire au niveau du SMIC. Votre SAM intègre un salaire brut réel, et non un chiffre d’affaires net de charges. En comparaison, l’auto-entrepreneur cotise sur son CA avec des taux réduits, sans retraite complémentaire Agirc-Arrco. |
Comment valider des trimestres en auto-entrepreneur ?
La validation de trimestres est le mécanisme central du calcul de votre retraite. Elle détermine directement combien d’années de travail vous serez créditées.
Les seuils de chiffre d’affaires par activité
Pour valider 1 trimestre de retraite, vous devez atteindre un seuil minimum de chiffre d’affaires sur le trimestre concerné. Ces seuils sont indexés sur le SMIC et revalorisés chaque année. À titre indicatif pour 2024-2025 :
Ces seuils sont susceptibles d’évoluer chaque année. Consultez le site officiel de l’URSSAF ou de l’Assurance Retraite pour les montants exacts en vigueur.
Plafond : maximum 4 trimestres par an
Quel que soit votre chiffre d’affaires annuel, vous ne pouvez valider qu’un maximum de 4 trimestres par année civile. Un CA très élevé ne vous donnera pas plus de droits en termes de trimestres mais il augmentera le montant de votre pension de base (via le salaire annuel moyen).
Attention : si votre CA est insuffisant certaines années, vous ne validez pas les 4 trimestres, ce qui peut créer des « trous » dans votre carrière et réduire votre pension finale.